• **Comment devenir guerrier Massaï** de Eric GILBERH

    Avoir cinquante ans, ça change tout. Quarante-neuf, passe encore, mais cinquante… À cet âge, la vie devient une chose étrange : on se souvient de ce que l’on aurait aimé accomplir, de celui qu’on aurait aimé devenir. Gabriel Poussin, lui, a quarante-neuf ans, onze mois et trente jours. Entre fiasco professionnel, routine de couple et sentiment d’échec général, il décide du jour au lendemain de tout plaquer. Sa femme, son chalet en bord de Seine, ses bouteilles de vin et ses chats. Et c’est en compagnie du plus improbable des compagnons qu’il va prendre le chemin de ce qu’il s’imagine être la Liberté. Comment devenir guerrier Massaï est le roman d’une maturité inaccessible. Un périple hilarant mais grave, désenchanté mais féerique avec, en bout de course une révélation terrible – révélation de celles qui donnent une saveur particulièrement nostalgique à un passé pas si terne que ça (finalement), et un drôle de goût à un avenir pas si prometteur que ça (finalement).

     

     

    Ce livre est une petite pépite!! C'est à une initiation en fait que l'on va assister mais à une initiation à l'envers.Cet homme mûr ,bedonnant,qui n'a pas réussi grand chose de sa vie,plutôt porté sur" la dive bouteille" selon l'expression chère à Rabelais voit défiler sa vie à l'aube de son cinquantième anniversaire.Avec un style hilarant,des trouvailles littéraires ,nous le voyons décortiquer ses relations avec sa femme ,calculer de manière très précise combien son chalet en banlieue parisienne lui a coûté au fil des ans,faire un bilan de sa vie professionnelle désastreuse.

    C'est drôle,enlevé,des éclats de rire fusent...Le ton léger s'assombrit un peu à l'arrivée de son ami d'enfance qui représente tout ce qu'il n'a jamais été,ni pendant l'adolescence ni à l'âge adulte...C'est encore drôle mais le rire devient encore plus grinçant.

    A partir de l'arrivée de cet homme,à la conduite pour le moins étrange, on glisse insidieusement vers quelque chose de plus profond,vers les grandes questions existentielles...Gabriel ,en recherche d'amour réciproque,découvre une motivation qui le pousse à tout quitter pour aller en Afrique..Il se décide à ce voyage improbable ,de la dernière chance, et au cours de ce périple rencontre un couple de très jeunes adultes qui lui montre en quelque sorte le chemin de l'accomplisseemnt...Dès lors nous sommes dans un ton bien plus sombre d'où nous sortons le coeur en berne,les entrailles en vrac...Il devient sous nos yeux Paillasse ,un Paillasse qui se battra jusqu'au bout pour tenter de réaliser la mission qu'il s'est donnée.

    Merci à (clic) et aux Editions ARHSENS qui m'ont permis de faire la découverte de cet homme bouleversant Au final un livre qui se dévore et qui, une fois fini, vous laisse un peu orphelin de ce non héros.

     

    Extraits

     

    Ainsi ,chaque 5,15 et 25 du mois,le paiement de traites stupéfiantes me vidait le coeur de son sang honnête pour remplir celui,faisandé,d'une foultitude d'organismes voraces.Je haissais ces suppots de Satan et priais pour que nos créanciers soient victimes d'une bonne chaude pisse,ou de n'importe quelle abjecte IST qui leur collerait des démangeaisons .Voire des croûtes.

     

    Et c'était bien lui.Jean -Antoine Barnabé.L'ami d'enfance qui vous colle aux basques tout au long de votre vie.Plongé dans son ombre charismatique de vos huit à vint-trois ans .Amoindri par son bagout,son aura et sa prestance,vous avez passé quinze ans à vous sentir plus nain qu'un Playmobil ,avant de prendre vos distances géographiques.Entre temps,il vous a piqué trois de vos petites amies,et , aujourd'hui,en secret;votre femme en pince pour lui.Elle ne l'avoue pas ,mais vous le savez.Fils de pute.(...) L'Antéchrist de mon existence bien rangée.

     

    En voyant son visage en pleine lumière,je sus que quelque chose de désastreux venait de me tomber sur le crâne.En comparaison,le molosse détrempé était une crème de nougat sur une crêpe encore tiède.

     

    Six mois plus tard ,je rencontrai Henriette.Et,la première fois que je la vis,il se passa une chose extraordinaire:il ne se passa rien.

     

    Prétextant une préparation longue et technique des chaussons landais,je quittais le salon.Ulcéré.Michel Berger me donnait envie de mourir très douloureusement.

     

    Rien n'est perdu ,Henriette! Accroche toi! Aie foi en ta féminité! Tes ovules sont courageux,j'en suis sûr!

     

    Arrivée au Kenya  prévue dans moins de dix jours.Je serais devenuguerrier Massaï et Henriette ,l'âme soeur du Petit Homme Blanc Au Visage Rougi Par Le Soleil ,se serait fait accepter par les femmes du village comme guérisseuse.

     

    Henriette avait raison:j'avais un pois chiche dans la tête.Aucun sens des hypothèses et j'avais bazardé ma vie sur une horrible méprise.

     


     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 22 Mars 2011 à 12:11
    Amaryllis

    Tentant ce livre pour la plusque quinquagénaire que je suis... bisous !

    2
    Mardi 22 Mars 2011 à 12:32
    gridou

    bah oui...c'est pas deuils de miel !

    mais ça a l air pas mal quand même !

    3
    Yv
    Mardi 22 Mars 2011 à 14:56
    Yv

    J'avais hésité à le demander à BOB, j'aurais peut-être dû.

    4
    Yv
    Mardi 22 Mars 2011 à 17:51
    Yv

    Merci mais pour le moment avec le Prix l'express, j'ai pas mal de lectures.

    5
    Mardi 22 Mars 2011 à 19:12
    zazimuth

    Est-ce que l'auteur a un rapport avec la famille de "Treize à la douzaine" ?

    6
    Mercredi 23 Mars 2011 à 11:41
    Alex-Mot-à-Mots

    Encore un coup de coeur pour ce livre. déjà noté, mais ma BM ne l'a pas encore acheté....

    7
    Jeudi 24 Mars 2011 à 08:51
    Alex-Mot-à-Mots

    Ce serait gentil, merci, je veux bien.

    8
    Jeudi 24 Mars 2011 à 14:00
    Le Papou

    Le titre me tentait, c'est toi qui l'a eu mais je ne t'en veux pas, au moins, pas de maivaise surprise, je sais ce que mon petit libraire va me commander la prochaine fois ! Il me tente de savoir ce que j'aurais pu faire au siècle dernier au moment du passage de la ligne.

    9
    Jeudi 24 Mars 2011 à 17:01
    Le Papou

    J'suis trop loin ma pôvre ! à l'autre bout de la terre.

    Merci quand même de ta proposition, c'est sympa.

     

    Le Papou

    10
    Eric Gilberh
    Vendredi 6 Juillet 2012 à 10:49
    Eric Gilberh

    Un grand merci à Pyrausta pour cette critique! 

    Content que le Massaï vous ait fait passer un bon moment.

    11
    Agnès
    Vendredi 6 Juillet 2012 à 10:49
    Agnès

    Il me tente bien ce livre, tu donnes envie et les extraits sont également là pour titiller la lectrice que je suis.

     

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