• Un petit mot français..

     


    Je continue mon petit tour des mots peu employés de la langue française.

    Toujours avec la complicité du magasine "Virgule" ce sera "fanfreluche".Tout vient d'une bulle d'air!!!! Et oui! poétique, n'est ce pas ? Du mot grec "pompholux" (bulle d'air)  puis  repris en latin "famfaluca" .

     

    En français ,au XII siècle il est devenu "fanfelue" et signifie " petite chose légère,sans importance,insignifiante".

    Christine de Pisan ,en 1405 l'a transformé en "fanfeluce" et c'est Rabelais qui,à son tour s'en est emparé et lui a donné sa forme définitive de "fanfreluche" en 1534.

     

    je vais faire un petit détour:

     

    Christine de Pisan (je ne sais pas pourquoi,mais j'aime bien ce prénom....lol)

     

    "Christine de Pisan (ou Christine de Pizan) est une des rares figures féminines de la littérature française du Moyen Âge. Elle est aussi la première femme à avoir fait de son goût pour les lettres un métier.

    Originaire de Pisano, près de Bologne, Christine de Pisan gagne la France en 1368, où son père, Tommaso di Benvenuto da Pizzano, conférencier d'astrologie à l'université de Bologne, est appelé pour être médecin et astrologue à la cour du roi Charles V.
    Elle passe son enfance à la cour du roi, dont elle écrira plus tard la biographie. Elle épouse, vers 1379, Étienne Castel, notaire et secrétaire du roi. elle perdit successivement son mari (1389) et son père (1390), se retrouvant veuve à vingt-cinq et seule pour s'occuper de sa famille, qui comporte ses 3 enfants,sa mere et sa niece.Saisie de ses biens et impliquée dans plusieurs procès, elle décide, pour surmonter ses difficultés matérielles et financières, de se mettre à «gagner sa vie» et de se faire homme par le métier d'écrivain.Elle recherche des mécènes et s'adresse à Jean de Berry, duc de Bourgogne, dont elle deviendra la protégée et à qui elle dédie son Livre des faits et bonnes moeurs du sage roi Charles V (1404), puis au duc d'Orléans, à qui elle destine le Livre de preudhommie (1405-1406). À la cour de Charles VI et d'Isabeau de Bavière dont elle deviendra la protégée, son travail donne naissance à une oeuvre abondante et variée qui lui assure une certaine notoriété.Étroitement mêlée à la vie politique de son époque, elle pressent les dangers que fait courir au royaume la rivalité entre les princes et «milite» en faveur de la conciliation entre les princes et pour la paix civile .Parce qu'elle est la première à avoir formulé une protestation véhémente contre les préjugés discriminatoires à l'égard des femmes, Christine de Pisan a souvent été présentée comme une féministe d'avant-garde. Il ne faut cependant pas oublier la valeur littéraire de son oeuvre, qui fut très imitée jusqu'à la Renaissance. Moins appréciée dans les périodes qui suivirent, ses écrits furent redécouverts par la critique à la fin du XIXe siècle.Christine de Pisan écrivit à un rythme soutenu jusqu'en 1418, date à laquelle elle se retire dans un couvent — probablement celui de l'abbaye de Poissy (Yvelines), où sa fille est religieuse. Cette retraite marque la fin de sa carrière d'écrivain et les dernières années de sa vie, qu'elle passe dans ce couvent, sont consacrées à la méditation.
    Mais, le même orgueil féminin et la même pitié l'arracheront à la retraite où elle s'est réfugiée après la prise de Paris par les Bourguignons, en 1418, pour composer de deux ouvrages inspirés par l'actualité de la guerre de Cent Ans, les Lamentations sur les maux de la guerre civile (1420) et le Dictié en l'honneur de la Pucelle, écrit à la gloire de Jeanne d'Arc."


    Ballade

    Seulette suis et seulette veux être,
    Seulette m'a mon doux ami laissée,
    Seulette suis, sans compagnon ni maître,
    Seulette suis, dolente et courroucée,
    Seulette suis en langueur mésaisée,
    Seulette suis plus que nulle égarée,
    Seulette suis sans ami demeurée.
     
    Seulette suis à huis ou à fenêtre,
    Seulette suis en un anglet muchée,
    Seulette suis pour moi de pleurs repaître,
    Seulette suis, dolente ou apaisée,
    Seulette suis, rien n'est qui tant me siée,
    Seulette suis en ma chambre enserrée,
    Seulette suis sans ami demeurée.
     
    Seulette suis partout et en tout être,
    Seulette suis, où je vais où je siée,
    Seulette suis plus qu'autre rien terrestre,
    Seulette suis, de chacun délaissée,
    Seulette suis, durement abaissée,
    Seulette suis souvent toute épleurée,
    Seulette suis sans ami demeurée.
     
    Princes, or est ma douleur commencée :
    Seulette suis de tout deuil menacée,
    Seulette suis plus tainte que morée,
    Seulette suis sans ami demeurée.

    De triste coeur chanter joyeusement
    Et rire en deuil c'est chose fort à faire,
    De son penser montrer tout le contraire,
    N'issir doux ris de dolent sentiment,
     
    Ainsi me faut faire communément,
    Et me convient, pour celer mon affaire,
    De triste coeur chanter joyeusement.
     
    Car en mon coeur porte couvertement
    Le deuil qui soit qui plus me peut déplaire,
    Et si me faut, pour les gens faire taire,
    Rire en pleurant et très amèrement
    De triste coeur chanter joyeusement.

     

    (Si vous voulez en savoir plus sur Christine de Pisan cliquez LA )

    Je reviens à mon "fanfreluche".Une fanfreluche c'est donc un petit rien,une petite chose,un colifichet.Ce sont en général des ornements inutiles mais qui peuvent donner du chic à quelque chose:les plumes,les perles,les rubans,les pompons etc.!!!

    On trouve parfois aussi des "fanfreluches" dans un dessin ,un texte,un discours:ce sont alors des détails ajoutés pour" faire joli".

    Voilà ,c'est un beau petit mot qui peut prendre tout son sens en ce moment de Fêtes.

     

    « L'amitiéL'hiver »

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 23 Décembre 2011 à 11:34
    Jeanmi

    Mais la vie n'est faite que de fanfreluches indispensables au bonheur. Si l'amour n'est fait que de preuves d'amour, le bonheur n'est fait que de ces fanfreluches, petits instants de bonheur intenses au milieu d'une mer d'ennui...

    2
    Vendredi 23 Décembre 2011 à 11:38
    Oncle Paul

    Bonjour Pyrausta

    Et que penser de ces fanfreluches qui parsèment nos blogs et donnent plaisir à nos visiteurs.

    Fanfreluches, le nom de ton nouveau blog?

    Amitiés

    3
    Vendredi 23 Décembre 2011 à 12:42
    Evelyne

    Ce sont les fanfreluches qui nous font la vie belle. Mon coin Noêl en ce moment... des fanfreluches qui m'apaisent ! Bisous Pyrausta, je repasserai, à bientôt.

    4
    Vendredi 23 Décembre 2011 à 13:41
    Richard

    Et au Québec, Fanfreluche était un personnage de télévision qui racontait des histoires aux enfants.

    Les personnes de ma génération ont appris à aimer lire avec cette drôle de poupée ...

    Tiens, je t'en fais cadeau.

    http://www.tagtele.com/videos/voir/28223

    Joyeuses fêtes

    5
    Vendredi 23 Décembre 2011 à 14:02
    chevrette13

    sympa cette leçon de vocabulaire historique !! moi ce fut leçon de grammaire avec ma petite fille ce matin, mon fils m'a demandé de la faire réviser cette semaine, ce soir elle repart, j'espère qu'elle aura retenu mes astuces ... bisous

    6
    Vendredi 23 Décembre 2011 à 18:13
    clio48

    Bonsoir Pyrausta ; moi aussi j'aime beaucoup Christine de Pisan , l'une des premières femmes à se singulariser de superbe façon dans un monde féodal... .

    Quant au mot fanfreluche,chez nous,en Belgique on l'utilise encore assez souvent.

    C'est aussi le prénom de la poupée de Bobette ( Bob et Bobette - BD belge ) .

    Bises et passe de bonnes fêtes .

    7
    Vendredi 23 Décembre 2011 à 18:40
    ADAMANTE

    Bonsoir et merci pour cet article particulièrement intéressant qui aurait convenu parfaitement à ma communauté du SCALP, que je vous invite à rejoindre si le cœur vous en dit.

    SCALP Symbiose Culture Art Liberté Progrès sur OverBlog

    J'ai pris beaucoup de plaisir à vous lire et à découvrir ce poème.

    Cordialement et joyeuses fêtes.

    Adamante

    8
    Vendredi 23 Décembre 2011 à 20:48
    canelle56

    Bonsoir Pyrausta

    Je ne connaissais pas , mercii donc à toi

    Gros bisous

    9
    Samedi 24 Décembre 2011 à 10:34
    Kenza

    Chère Pyrostha, je te souhaite un joyeux Noël et de très belles fêtes de fin d'année!

    Bisous, bisous des jours de fête

    10
    Dimanche 25 Décembre 2011 à 01:19
    jacqueline

    magnifique!!!!! La poésie , la gente dame...qui devait descendre de quelque famille pisane.... et ton cours d'éthymologie ....on en redemande

    Tu vois je suis devant l'écran en cette nuit de noel...pour tromper le temps!!

    Bises de Noel..

    11
    Dimanche 25 Décembre 2011 à 08:50
    FéeLaure ♥

    Bonjour et merci de ta visite chez moi

    12
    Lundi 26 Décembre 2011 à 18:20
    joelle.colomar.over-

    Fort intéressant tout ce savoir ! Une chose si légère nous mène si loin ! Bonne soirée et merci à toi. Joëlle

    13
    Lundi 26 Décembre 2011 à 22:01
    Philippe D

    Pour moi, les fanfreluches, ce sont les dentelles qui peuvent orner une robe.

    Bonne fin d'année.

    14
    Lundi 26 Décembre 2011 à 22:18
    Joelaindien

    Hello,

    Je profite de mon passage
    pour te souhaiter de très bonnes fêtes de fin d'année !

    Bien amicalement
    Joelaindien

    15
    Mardi 27 Décembre 2011 à 10:40
    jill-bill.over-blog.

    Bonjour Pyrausta !  Franfreluche je connais le mot mais sans plus... c'est le nom de la poupée de Bobette dans la BD de Bob et Bobette...  J'irai au paradis plus maligne ! Seulette je connaissais, j'ai un recueil de poésies anciennes...    Merci à toi !  Jill

    16
    Samedi 31 Décembre 2011 à 10:35
    Zazimuth

    Voilà encore un mot que j'aime pour sa sonorité et son "goût" sur la langue !!! Merci.

    17
    Agnès
    Vendredi 6 Juillet 2012 à 10:47
    Agnès

    Fanfreluche, moment de détente, de futilité bien agréable, en cherchant des fanfreluches je me vide la tête. 

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